Présentation de l’éditeur :
C’est l’histoire d’un homme qui vient d’avoir 82 ans. Déjà ? Jadis, il était toujours pressé, il régnait sur le monde de la culture et il se sentait invincible. Aujourd’hui, à la retraite, c’est plus calme : les défaillances du corps, les anxiétés de l’âme, la peur de perdre ses vieux amis qui forment une bande de joyeux octogénaires. Une autre vie commence. Avec le plaisir de pouvoir enfin prendre son temps et le perdre. À travers ce narrateur qui lui ressemble comme deux gouttes de vieux bourgogne, Bernard Pivot raconte le grand âge à sa façon. Curiosité, lucidité, humour, c’est bien lui. Et c’est bien sa manière de proposer une petite leçon de gouvernance individuelle où chacun trouvera quelques recettes pour vieillir heureux.
J’ai bien aimé ce livre de Bernard Pivot. J’y ai retrouvé plein d’éléments que vit petit mari, même s’il n’a pas atteint les 82 ans de Bernard Pivot au moment de l'écriture de son livre, comme l’éloge de la lenteur.
Il y a également beaucoup de sagesse, quelques extraits :
« Si je mets de côté ma petite personne, ce n’était pas mieux avant. C’était même épouvantable. Hitler, Staline, Mao, Pinochet, Pol Pot, La deuxième guerre mondiale, la guerre d’Algérie, la guerre froide, … Il y a toujours des guerres, mais elles sont loin. Mieux vaut en accueillir les réfugiés qu’en recevoir les bombes. »
« Quadragénaire, je fixais le grand âge à soixante-dix ans. Arrivé à soixante-dix, je l’ai repoussé à quatre-vingts ans. A quatre-vingts ans, je l’ai reculé à quatre-vingt-dix. Qui sait, en voyant Nota, quatre-vingt-quinze ans, si je n’irai pas jusqu’à cent ? »
« Alors que, toute ma vie, je me suis efforcé d’aller et de faire le plus vite possible, j’ai découvert sur le tard du charme à la lenteur. Comme si elle était à la fois un désaveu, une délivrance et même une récompense de la vitesse. Comme si elle se présentait comme un long et délicieux relâchement des muscles après des décennies d’efforts accélérés. Comme si c’était une sagesse d’autant plus exquise qu’insoupçonnée. »
« La perte des noms propres a commencé depuis longtemps. Ils se sont retirés de ma mémoire sur la pointe des pieds, comme des fidèles avant la fin d’un office religieux. J’ai soudain besoin de l’un deux, je le cherche, impossible de le trouver, il s’est fait la malle. »
« On s’énerve, on se désole, on s’en veut, on se fait mal. Le moral en prend un coup, le mien notamment, étant conscient du ridicule d’une conversation qui, plusieurs fois par heure, se transforme en quiz, catégorie plus de quatre-vingts ans. »
« L’efficacité n’est plus notre affaire. Moins encore la rentabilité. Nous ne sommes plus astreints à des performances professionnelles, nous ne sommes plus contraints à des tâches familiales. La vieillesse donne une liberté de mouvement que nous n’avions pas quand nous étions dans l’empyrée de la vie. »
« Il n’y a pas que le corps à avoir attrapé, au fil des décennies, un train de sénateur. L’esprit lui aussi a ralenti le rythme. Mais sa lenteur est plus subtile, moins spectaculaire que celle du corps. L’esprit est malin. Il donne le change, il camoufle, il a gardé assez de présence pour masquer ses défaillances par des astuces, des leurres qui font croire qu’il n’a jamais été aussi alerte. Il est tellement rusé qu’il trompe même son possesseur, lui faisant prendre des vessies pour des lanternes. »
« L’informatique est le sixième continent de la planète (…). Non seulement tout est d’accès compliqué, mais l’informatique nous traite de haut en exigeant de nous des mots de passe. Ils sont refusés alors qu’on les croyait bons. »
Je classe ce livre en 266ème position et lui donne 2 étoiles.