Islande. À la mort de sa meilleure amie, tuée par son compagnon, Katla se lance un défi inédit : organiser une grève des femmes dans le monde entier, pour dénoncer les violences et les inégalités. Japon. Michiko, jeune salariée enceinte, est harcelée par son patron. Salvador. Ana María, ouvrière à l'usine, se bat pour sa fille, condamnée à trente ans de prison pour suspicion d'avortement. Sénégal. Hawa, urgentiste, tente de sauver une enfant quand le trauma de son passé ressurgit. Katla, Michiko, Ana María et Hawa ne se connaissent pas, mais toutes décident de dire non. Elles étaient seules, elles seront des millions. Sans les femmes, le monde s'arrêtera-t-il de tourner ? Et s'il suffisait d'un jour pour tout changer ?
J’ai beaucoup aimé ce livre de Laetitia Colombani, un jour sans femme, certainement mon côté féministe qui ressort. C'est l’histoire de quatre femmes, fortes et déterminées : une au Japon, une en Islande, une au Sénégal et une Salvador.
Pour ma part, si je connaissais ce qui se passe pour les petites filles en Afrique au niveau de l’excision, j’ignorais la raison qui est la volonté de retirer le plaisir des femmes pour qu’elles restent fidèles à leur mari. Lors du mariage, la femme se met à genoux devant son mari en signe de soumission. Certaines se marient puis divorcent en gardant leur anneau pour être respectées L’excision est pourtant interdite depuis 1999, mais le revers de la médaille c’est que quand ça se passe mal, les mamans ou les grands-mères ne vont plus à l’hôpital par peur d’être condamnées. J’ignorais également les conséquences que cela pouvait avoir, outre la mort par hémorragie pour certaines, d’autres gardent des séquelles toute leur vie, incontinence, tétanos, infertilité, douleur à l’accouchement, etc. 2 millions de femmes sont excisées en Afrique, un tiers au Sénégal.
Quant au Japon, j’ignorais également totalement que les femmes doivent porter des escarpins au travail et des lentilles de contact car les lunettes sont soi-disant disgracieuses pour les femmes et j’ignorais également le sort réservé aux femmes enceintes qui travaillent. Elles doivent s’excuser auprès de leurs collègues pour le travail supplémentaire que leur absence va engendrer. Elles sont harcelées, on leur donne des taches physiques, on les exclut des réunions, on les rétrograde jusqu’à temps qu’elles démissionnent. Les autres travailleurs sont indifférents au déclassement des autres, surtout par crainte de répercussions sur leur propre carrière. L’ambition des femmes au Japon est mal considéré et interprété comme de la vanité. L’audace doit rester l’apanage des garçons. Le Japon subit une forte baisse de la natalité, mais ne fait rien pour l’encourager, bien au contraire. Une fois le bébé né, il est mal vu de continuer à travailler et de le faire garder. Il existe une sélection dès la maternelle, le fait de partir tôt et de rentrer tard au travail est normal et la plupart des salariés ne prennent pas la totalité des jours de congé qui leur sont dus car c’est mal vu.
Au Salvador ou dans d’autres pays d’Amérique latine, les femmes qui avortent sont passibles de 30 ans de prison et celles qui ont le malheur de faire des fausses couches également car on ne fait pas la distinction. Celles qui aident à avorter subissent le même sort. Les conditions dans les prisons sont déplorables, certaines tombent malades d’autres meurent. Les conditions de travail sont très difficiles. Pas assez de lumière, pas la possibilité d’aller aux toilettes, surveillance par des contremaîtres, refus de payer les heures supplémentaires. Si réclamations vous pouvez être renvoyé.
Enfin, en Islande, pays réputé égalitaire, il existe aussi des violences aux femmes et des féminicides.
L'auteure nous rappelle à la fin du livre que les hommes sont responsables de 86 % des homicides, de 99 % les agressions sexuelles, 96 % des violences conjugales et 84 % des coûts et violences volontaires.
Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce livre parce que j'y ai appris plein de choses et qu'ils révèlent que bon nombre de pays réservent un sort plus que difficile aux femmes. En France, on se plaint des violences, des féminicides, des inégalités au travail mais dans d'autres pays, il y a tout cela et bien plus encore.
Je classe ce livre en 62ème position et lui donne 3 étoiles.