Présentation de l’éditeur :
En 1721 paraît anonymement un petit volume de lettres fictives, dans lequel des Persans visitant la France du début du XVIIIe siècle font part à leurs proches de leurs observations critiques. Montesquieu, qui en est l'auteur, vient de créer le premier roman épistolaire à plusieurs voix. En donnant la parole à des Orientaux, il place les lecteurs d'Occident en position de spectateurs de leur propre société et leur permet ainsi de mieux en mesurer l'étrangeté.
Je m’attendais à une lecture plus difficile pour « les lettres persanes » de Montesquieu. J’ai bien aimé surtout les échanges entre Usbek et les différents correspondants de son sérail. Je n’ai compris qu’à la fin qu’Usbek s’était éloigné de son harem pour fuir des ennemis et pourquoi il s’en éloigne si longtemps car il ne revient pas malgré la situation qui s’y dégrade. L’intérêt de ce roman épistolaire, c’est de voir la société européenne par les yeux d’un perse où il critique notamment la religion et le pouvoir.
J’ai trouvé qu’il y avait des longueurs, notamment lorsqu’Usbek évoque avec son ami le décroissement démographique des populations.
Je classe ce livre en 561ème position et lui donne une étoile.
Un extrait :
"Je le puis dire : je ne connais les femmes que depuis que je suis ici; j'en ai plus appris dans un mois que je n'aurais fait en trente ans dans un sérail.
Chez nous, les caractères sont tous uniformes, parce qu'ils sont forcés: on ne voit point les gens tels qu'ils sont, mais tels qu'on les oblige d'être.
Dans cette servitude du coeur et de l'esprit, on n'entend parler que la crainte, qui n'a qu'un lan-gage, et non pas la nature, qui s'exprime si diffé-remment, et qui paraît sous tant de formes.
La dissimulation, cet art parmi nous si pratiqué et si nécessaire, est ici inconnue: tout parle, tout se voit, tout s'entend; le coeur se montre comme le visage; dans les moeurs, dans la vertu, dans le vice même, on aperçoit toujours quelque chose de naïf."