Présentation de l’éditeur :
En France, une femme sur dix se fait violer. Tous les deux jours, une autre est assassinée par son conjoint. D’autres encore, sont harcelées sexuellement. Derrière les écrans, la parole se libère : révélations, photos et vidéos circulent sur les réseaux sociaux. Des femmes, innombrables, témoignent. Une communauté se forme. La sororité devient un outil de puissance virale. C’est la naissance du féminisme 2.0.
Ce livre de Chloé Delaume est cash. Les phrases claquent et s’enchaînent avec fracas. Parfois, il faut les relire pour comprendre. J’ai lu ce livre car Blanche Leridon en parle dans « le château de mes sœurs » et je trouve qu’elle a d’ailleurs repris pas mal de thèmes (le mot sororité, le fait que peu d’histoire ne tournent pas autour d’un homme, …). J’ai bien aimé l’idée d’entraîner ses sœurs (les femmes en général) à parler chaque jour autour d’un sujet qui ne concerne pas les hommes et celle de dire « badaboum » quand on est témoin d’un acte ou de paroles déplacés envers une autre femme.
Extraits :
"Le harcèlement de rue, comme celui du bureau. Le chantage à la gâterie, promotion canapé. Qui se veut amazone ne peut s'effaroucher, grime sur la hiérarchie et on va s'arranger, sèche tes larmes mon petit, il nous manque une stagiaire. Les remarques adipeuses, les oeillades concupiscentes, les commentaires obscènes trempés de rires huileux qui en réunion ébouillantent."
"La France est un pays autant qu'un art de vivre. Les Français sont charmeurs et un peu polissons. Dans la rue, au bureau, des traditions flatteuses, une question de folklore et d'interprétation, elles exagèrent ces petites, elle prennent vraiment tout mal. "
"Octobre 2017 #BalanceTonPorc. L'invisibilité, quand ça s'arrête d'un coup, la psyché de l'être humain, elle n'aime pas ça du tout. (...) La dame n'est pas à toi, la dame est une personne, frapper les gens c'est mal et violer ce n'est pas bien, peine maximale, vingt ans ferme va prendre ta douche."
"Sororité : communauté de femmes ayant une relation, des liens, qualité, état de soeur. (...) Sororité ça voulait dire : les femmes deviennent une caste, une classe. Plus dangereux que le communisme à l'échelle internationale, un incendie dans chaque foyer. Aucune révolution ne fera tomber le gland de la phallocratie. On peut tuer le roi et dénoncer son frère, mais la bite, on n'y touche pas, sauf si papa demande."
"C'est pour ça que j'écris, mes amies inconnues. (...) Outil : sororité, une relation entre femmes qui renverserait la donne autant que la devise inscrite sur les frontons. Fraternité existe, sororité aussi. Utiliser ce mot, c'est modifier l'avenir."
"La première vague (de féminisme) a fait des lois, la deuxième a libéré nos ventres, la troisième a tué grand-papa, la quatrième s'attaque aux moeurs, aux us et au coutumes."
"La sororité est une attitude. Ne jamais nuire volontairement à une femme. Ne jamais critiquer publiquement une femme, ne jamais provoquer le mépris envers une femme. La sororité est incluante, sans hiérarchie ni droit d'aînesse. Cercle protecteur, horizontal."
Je classe ce livre en 337ème position et lui donne 2 étoiles.